La réserve naturelle de Scàndula : un des plus beaux joyaux de Corse

Mis à jour : mai 24




Autour de la baie d’Elbo, la pointe Scandula est la pointe la plus à l’ouest de la Corse. Son paysage très particulier est lié à une formation géologique très ancienne, un épisode volcanique daté d’il y a 300 millions d’années. Les immenses falaises de porphyre rouge et de rhyolite sculptées par les tempêtes, les orgues basaltiques surgissant de la mer dessinent des formes puissantes et romantiques trouées de grottes. À mesure que l’on s’avance vers l’ouest, le paysage se fait de plus en plus vertigineux et s’achève en des îlots inaccessibles : au bout de la pointe,


Gargalu est le plus élevé des îlots satellites de la Corse sur lequel est bâtie une tour carrée. Cette formation géologique exceptionnelle se double d’un patrimoine écologique d’une richesse extraordinaire. Sur cette grande pointe sauvage, l’histoire humaine semble peu présente ;

deux tours génoises rappellent pourtant que l’homme n’y fut pas totalement absent.

Scandula est un lieu particulier de Méditerranée, préservé depuis plus de 40 ans avec la création d’une réserve naturelle en 1975 et le classement au titre des sites du Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’Unesco en 1983 : c’est en quelque sorte une image de ce que devait être toute la Méditerranée il y a deux ou trois siècles, avant l’urbanisation, le tourisme de masse et les afflux de population sur les côtes.

Sous la mer, les paysages de tombants et de grottes à corail ne sont pas moins merveilleux que les paysages émergeant de la mer. C’est un cœur de nature incroyablement préservé en Méditerranée.


Histoire :

Il y a près de 300 millions d’années, l’explosion d’un gigantesque volcan a créé les reliefs de Scandula : les falaises sont les bords d’une immense caldeira (cratère d’effondrement) qui s’étendait sur 700 km2 et 30 kilomètres de profondeur, jusqu’au sommet du Monte Cintu. Cette formation géologique est de même nature et du même âge que le massif de l’Esterel en France continentale.

Les deux tours génoises de Gargalu et Elbo sont parmi les dernières à avoir été construites sur le littoral corse. En ce début du XVIIe siècle, les Barbaresques mènent en effet de véritables razzias sur la côte occidentale, moins facile à défendre que d’autres portions du littoral tant le littoral est découpé. Bien que les villages soient, à cette époque, loin des côtes, les tours, qui communiquaient au moyen de bûchers allumés sur leurs terrasses sommitales, étaient importantes pour la protection des populations. La tour génoise d’Elbo était autrefois nommée tour d’Imbuto : bâtie sur une hauteur au fond de la baie d’Elbo, à l’écart de toute habitation, elle communiquait avec les tours voisines. La tour de Gargalu édifiée en 1610, se dresse sur l’îlot du même nom, point le plus occidental de l’île de Corse. Occupée par des gardiens jusqu’au XIXe siècle, elle communiquait avec les soldats du fortin de Girolata pour commander l’entrée de la baie d’Elbo. Aujourd’hui restaurée, elle reste inaccessible car au cœur de la réserve naturelle de Scandula.

La baie d’Elbo était un mouillage protégé sur la côte ouest, disposant d’eau douce : dans le vallon qui débouche au fond de la baie, les habitants de Girolata cultivaient autrefois des jardins et y conduisaient leurs troupeaux ; des céréales y étaient cultivées dans des endroits très difficiles d’accès sur les hauteurs où des habitations rustiques quasiment troglodytes y ont été aménagées comme abris. Au tournant du XIXème les vallons pentus ont été utilisés pour fabriquer du charbon de bois avec les arbousiers, chênes verts, bruyères et lentisques. Pendant des mois, des «carbonari» italiens séjournaient à l’écart du monde dans ces vallons isolés. Le charbon de bois était ensuite évacué par la mer.

Les qualités paysagères, géologiques, faunistiques et floristiques de Scandula ont justifié son classement en réserve naturelle pour un double intérêt, maritime et terrestre.


Posts récents

Voir tout